L'Hélicoplane du Vicomte Decazes, construit par la maison Lioré et Olivier, près des hangars de la société Astra, sur le terrain de Villacoublay, le 30 décembre 1912. "L'hélicoplane du Vicomte Decazes (...) d'autres chercheurs ont songé à grouper dans un même appareil les qualités de l'aéroplane et de l'hélicoptère et ne s'écartent pas ainsi des possibilités mécaniques immédiatement applicables. Parmi ces derniers, parmi les plus anciens, le vicomte Decazes, dont les lecteurs de l''Aérophile' ont pu suivre depuis 20 ans les intéressantes études, s'est particulièrement distingué. Ils se rappelleront peut-être l'appareil dont il avait commencé la construction et les essais, désigné sous le nom d''hélicoplane' et dont le brevet de principe, pris par MM. Decazes et Besancon, remonte à 1901. Ces recherches n'ont jamais été abandonnées et en ce moment même. à Villacoublay, sur le terrain loué par la Guerre à la Société Astra, la Société d'Etudes de l'hélicoplane poursuit les expériences de l'appareil représenté par nos photographies et qui fait l'objet d'un nouveau brevet du vicomte Decazes, qui date de trois mois à peine. Cet appareil (...) comporte essentiellement un solide bâti sur lequel sont montés deux plans de 25 m² chacun, en tandem ; il supporte deux hélices superposées coaxiales, à axe vertical, superposées, mesurant 4 m de diamètre, tournant en sens inverse, sous l'action d'un moteur Gnome de 50 ch le tout constituant la partie hélicoptère. Le bâti supporte, en outre, vers le dernier quart arrière de l'appareil, une hélice propulsive, à axe horizontal, actionnée par un autre moteur de 50 ch. A gauche et à droite de l'hélicoptère se trouvent deux ailerons de 4 m² chacun environ, destinés, lorsqu'on les actionne séparément, à changer la direction de l'appareil, ou à faire monter ce dernier lorsqu'on les actionne conjointement. Ces ailerons peuvent, à la volonté du pilote, faire agir conjointement ou séparément le gouvernail de profondeur, placé dans le vent de l'hélice propulsive, de façon à garder l'efficacité voulue même par vitesse réduite. L'un des buts poursuivis avec l'hélicoplane est de pouvoir faire varier, dans une très large limite, la vitesse de régime d'un appareil d'aviation. On espère, dès maintenant, pouvoir s'enlever avec une vitesse horizontale n'excédant pas 5 mètres par seconde, ce qui permettrait de se maintenir au point fixe par un vent debout de même vitesse. Or, il est à remarquer que c'est là la vitesse ordinaire du courant qui règne le plus souvent à 500 mètres, altitude propice aux observations militaires ; ce serait là un point intéressant pour les applications de la machine volante à la guerre notamment pour les observations minutieuses, le lancement précis de projectiles et d'explosifs, etc. Par ses conditions toutes nouvelles de stabilité comme d'allure réduite possible, l'hélicoplane est également de nature à accroître la sécurité, la facilité d'apprentissage et à mettre ainsi le sport et le tourisme aérien par plus lourd que l'air à la portée du plus grand nombre." (Journal "L'Aérophile", édition du 15 janvier 1913)
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