Le monoplan militaire Antoinette Monobloc, en cours de préparation, au camp de Châlons, en septembre 1911. Le moteur est enfermé dans un capotage métallique et les radiateurs fixés sur les côtés de l'habitacle. Le train d ’ atterrissage, qui affecte une forme très moderne, est décrit en détails par la revue "L"Aérophile" (édition du 15 octobre 1911) : il "est formé de deux pattes placées à la naissance de chacune des ailes. Chaque patte est complètement enveloppée dans une carcasse en toile qui assure la bonne pénétration et qui donne à l'appareil l'aspect d'un grand oiseau aquatique avec deux pattes de pingouins. Ces pattes comprennent des montants au bout desquels sont des patins, portant chacun trois roues fixées sur le même essieu ; par l'intermédiaire de ressorts, au bout de chaque patin, est mue une roue plus petite." Autre particularité novatrice : le poste de pilotage. "L'avant est disposé de telle façon que le moteur puisse être placé sous la main du mécanicien, qui se trouve assis devant le pilote. Le mécanicien peut ainsi surveiller et atteindre le moteur dans les parties essentielles comme, dans un bateau, le mécanicien d'une machine marine." Le monoplan blindé est construit par la Société des avions et moteurs Antoinette pour participer au Concours d'aéroplanes militaires, à Reims-Bétheny, en octobre 1911. L ’ appareil est piloté par l'aviateur Hubert Latham (1883-1912). "Cet appareil pèse 850 kg à vide et 1 250 en ordre de marche. Il est actionné par un moteur de 60 ch. C'est le brillant pilote Latham qui va procéder aux essais." (Magazine illustré sportif "La Vie au grand air, édition du 30 septembre 1911) C'est de façon presque anodine que le journal "Excelsior" (édition du 17 juillet 1912) parle du rôle joué par Latham dans les essais du Monobloc. Le journaliste Jacques Mortane, chargé de la nécrologie de l'aviateur après sa mort le 25 juin 1912, en Afrique-Équatoriale française, rappelle seulement qu'il "essaya sans succès un monoplan blindé pour le concours militaire, et repartit à la fin de 1911 en mission en Afrique". La presse de l'époque ne fait que rarement allusion à Latham. Le Monobloc, l'appareil le plus lourd du concours, n'effectue qu'un court envol le 31 octobre, à cause d'un moteur de trop faible puissance. Il ne peut prendre part aux épreuves finales. Cet échec contribue à la faillite du constructeur Léon Levavasseur (1863-1922).
© Monde et Caméra / Coll. musée de l'Air et de l'Espace - Le Bourget / MC 7359
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